Si vous travaillez dans le privé, retourner dans votre pays d’origine ne vous donne pas automatiquement droit à des jours de congés payés supplémentaires. Vous pouvez en revanche utiliser vos congés habituels et, lorsque la distance crée de véritables contraintes géographiques, demander à prendre plus de 24 jours ouvrables consécutifs. Pour une absence encore plus longue, un accord avec l’employeur peut être nécessaire.
Résumé de l’article :
- Dans le privé, il n’existe pas de congé spécial payé automatique pour retourner dans son pays d’origine.
- Des contraintes géographiques particulières peuvent permettre de dépasser 24 jours ouvrables consécutifs.
- Un congé sans solde peut compléter les congés disponibles.
- L’employeur peut refuser certaines dates pour des raisons d’organisation.
- Les agents publics peuvent bénéficier de règles spécifiques dans certaines situations.
Sommaire de l'article
ToggleExiste-t-il un congé spécial pour retourner dans son pays d’origine ?
Dans le secteur privé, le fait d’être étranger ou d’avoir sa famille dans un autre pays ne crée pas automatiquement un nouveau quota de congés payés. Le salarié dispose d’abord des mêmes droits que les autres salariés, avec en principe 2,5 jours ouvrables acquis par mois de travail, soit 30 jours ouvrables pour une année complète.
En temps normal, le congé principal pris en une seule fois ne dépasse pas 24 jours ouvrables, soit environ quatre semaines. Une exception existe toutefois lorsqu’un salarié justifie de contraintes géographiques particulières.
Cette possibilité peut notamment être intéressante lorsqu’un retour dans le pays d’origine implique un voyage très long, coûteux ou difficile à organiser plusieurs fois dans l’année. Un salarié qui doit effectuer plusieurs heures d’avion, plusieurs correspondances ou supporter des frais importants peut donc demander à regrouper davantage de congés.
La distance avec votre pays d’origine peut permettre de demander un congé plus long d’un seul bloc, mais elle ne crée pas automatiquement des semaines de congés supplémentaires.
Autrement dit, cette règle joue surtout sur la manière dont les jours déjà acquis peuvent être organisés.
Mieux comprendre le fonctionnement des congés payés
Avant de regarder les règles particulières liées à un voyage long ou à un retour dans son pays d’origine, cette vidéo permet de revenir simplement sur le fonctionnement général des congés payés et leur organisation : Origine, destination : Congés payés.

| Situation | Droit principal | À retenir |
| Salarié du privé | Congés payés classiques | Pas de congé spécial automatique |
| Contrainte géographique importante | Plus de 24 jours consécutifs possible | Jours déjà acquis |
| Congé sans solde | Possible avec accord | Non rémunéré |
| Agent public | Règles spécifiques | Plus de 31 jours parfois possible |
| Congé bonifié | Certains agents publics | Conditions précises |
Il faut également regarder la convention collective ou l’accord d’entreprise. Certaines branches prévoient des dispositions plus favorables, par exemple la possibilité d’accoler une période non rémunérée aux congés payés ou d’organiser plus facilement un départ prolongé à l’étranger.
Je conseille donc de ne pas se limiter au Code du travail. Le texte applicable dans votre entreprise peut prévoir une solution plus avantageuse, notamment pour les salariés qui doivent voyager loin pour retrouver leur famille.
Comment partir un mois ou plus pour voir sa famille à l’étranger ?
Pour organiser un séjour long, je commencerais par regarder exactement le nombre de jours disponibles : congés payés, RTT, jours de récupération et éventuellement jours placés sur un compte épargne-temps.
Si ces droits suffisent, il peut être possible de demander à les regrouper sur une même période, notamment lorsque le voyage présente de fortes contraintes géographiques.
Lorsque les jours disponibles ne suffisent pas, la solution la plus simple consiste souvent à compléter avec un congé sans solde. Celui-ci permet de s’absenter sans être rémunéré pendant la période concernée, mais il nécessite l’accord de l’employeur.
Pour construire une absence suffisamment longue, je regarderais :
- les congés payés déjà acquis ;
- les RTT ou jours de récupération disponibles ;
- les éventuels jours placés sur un CET ;
- la possibilité d’ajouter un congé sans solde ;
- les dispositions de la convention collective ou de l’accord d’entreprise.
Prenons un exemple concret. Un salarié souhaite partir six semaines au Sénégal pour voir sa famille. Il possède quatre semaines de congés payés et cinq RTT. Il peut demander à regrouper ces jours puis négocier quelques jours supplémentaires de congé sans solde pour couvrir le reste du voyage.
Pour un voyage de cinq ou six semaines, la meilleure solution est souvent de combiner plusieurs droits plutôt que de chercher un hypothétique “congé pays d’origine”.
Le congé sans solde reste toutefois soumis à l’accord de l’employeur. Celui-ci peut accepter la durée demandée, proposer une période différente ou refuser la demande si aucune règle conventionnelle ne lui impose de l’accorder.
Il faut également éviter de croire qu’une contrainte géographique permet automatiquement de reporter une cinquième semaine de congés d’une année sur l’autre. Ce type de report dépend d’autres règles, d’un accord collectif ou d’un arrangement accepté avec l’employeur.
En pratique, plus le voyage est long, plus il faut anticiper la demande. Présenter très tôt les dates, la durée du trajet et les solutions envisagées pour organiser l’absence augmente les chances de trouver un compromis avec l’entreprise.
L’employeur peut-il refuser les dates demandées pour retourner au pays ?
Même lorsque vous disposez de suffisamment de congés, vous ne choisissez pas seul vos dates de départ. L’employeur peut refuser la période demandée, notamment si elle pose un problème d’organisation, de continuité du service ou intervient pendant une période particulièrement chargée.
Il faut cependant distinguer le refus d’une période précise de la suppression des congés eux-mêmes. L’employeur peut vous demander de déplacer votre départ, mais il ne peut pas simplement faire disparaître des jours de congés acquis.
Pour sécuriser une demande de long séjour, je conseille de :
- faire la demande plusieurs mois à l’avance ;
- indiquer clairement les dates de départ et de retour ;
- expliquer la distance et les contraintes du voyage ;
- préciser les congés, RTT ou jours sans solde utilisés ;
- demander une validation écrite avant d’acheter des billets non modifiables.
L’ancienneté, la situation familiale ou encore les contraintes des autres salariés peuvent aussi entrer en compte dans l’organisation des départs.
Avoir suffisamment de jours disponibles ne signifie pas pouvoir imposer ses dates : pour sécuriser un voyage lointain, l’accord écrit sur la période reste le meilleur réflexe.
Il faut surtout éviter de partir malgré un refus explicite. Une absence sans autorisation peut être considérée comme injustifiée et entraîner des conséquences disciplinaires.
Le silence de l’employeur est plus délicat. Dans certaines situations, l’absence de réponse après une demande connue de l’entreprise ne suffit pas forcément à caractériser une faute du salarié. Pour un voyage international coûteux, je ne prendrais toutefois pas ce risque : mieux vaut disposer d’une validation claire avant de réserver.
💡 Conseil de pro : pour un voyage lointain, je fais ma demande plusieurs mois avant et j’explique clairement les contraintes de transport. Je réserve les billets non remboursables uniquement après avoir obtenu une validation écrite des dates.
Si vous devez formaliser votre demande auprès de votre responsable ou du service RH, vous pouvez également consulter notre article Je reste à votre disposition pour toute information complémentaire : comment l’écrire dans un mail ?.
Fonction publique et congé bonifié : quelles règles pour retourner dans son territoire d’origine ?
Dans la fonction publique, les règles sont différentes de celles du secteur privé. Un agent ne peut normalement pas être absent plus de 31 jours calendaires consécutifs au titre de ses congés annuels.
Une autorisation exceptionnelle peut toutefois permettre de dépasser cette durée lorsqu’un agent souhaite se rendre dans son pays d’origine ou accompagner son conjoint dans son propre pays d’origine. Cette possibilité reste distincte du congé bonifié.
Le congé bonifié concerne certaines situations liées à l’outre-mer. Il peut notamment bénéficier à des agents dont le centre des intérêts moraux et matériels se situe dans un territoire ultramarin alors qu’ils exercent ailleurs.
Ce dispositif peut inclure une prise en charge des frais de transport par l’administration, mais ses conditions sont précises. Il ne concerne donc pas automatiquement tous les agents publics qui souhaitent retourner dans leur pays ou territoire d’origine.
La durée maximale du congé bonifié est aujourd’hui de 31 jours consécutifs. Il ne faut donc plus reprendre les anciennes références à des congés pouvant atteindre 65 jours.
Un agent public qui retourne dans son pays d’origine peut bénéficier de règles particulières, mais il ne faut pas confondre le dépassement exceptionnel des 31 jours avec le congé bonifié réservé à certaines situations liées à l’outre-mer.
Avant d’organiser un séjour long, je vérifierais donc avec le service RH le statut exact de l’agent, les congés disponibles et l’éligibilité éventuelle à un dispositif particulier.
Que l’on soit salarié du privé ou agent public, le principe reste finalement le même : mieux vaut vérifier les règles applicables et obtenir l’autorisation nécessaire avant d’engager des frais importants pour le voyage.

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