Vous avez signé une mission d’intérim de 35 h, mais l’entreprise vous fait régulièrement terminer plus tôt ? Je commence par regarder pourquoi les heures n’ont pas été effectuées. Si vous étiez disponible et que l’entreprise n’avait simplement plus de travail à vous donner, la perte d’activité ne doit pas automatiquement devenir une perte de salaire. Il faut toutefois vérifier le contrat, l’organisation du temps de travail et la fiche de paie.
Résumé de l’article :
- Un intérimaire est salarié de l’agence d’intérim, pas de l’entreprise utilisatrice.
- L’horaire et la rémunération font partie des éléments encadrés par le contrat de mission.
- Être renvoyé plus tôt faute de travail n’est pas la même chose qu’être absent.
- Une période de souplesse concerne le terme de la mission, pas automatiquement le nombre d’heures hebdomadaires.
- En cas d’heures manquantes sur la paie, conservez les plannings et réclamez d’abord une régularisation à l’agence.
Sommaire de l'article
ToggleSi mon contrat d’intérim prévoit 35h mais que je travaille moins, suis-je payé 35h ?
L’intérimaire est salarié de l’entreprise de travail temporaire, donc de l’agence d’intérim. C’est elle qui signe le contrat de mission et qui verse le salaire.
L’entreprise utilisatrice organise en revanche le travail au quotidien. Elle fixe notamment les horaires, les pauses et les conditions d’exécution de la mission.
Le contrat reprend normalement plusieurs informations importantes, dont l’horaire prévu et la rémunération applicable. C’est donc le premier document que je vérifie lorsqu’un intérimaire travaille moins que prévu.
Prenons un exemple simple. Votre journée devait se terminer à 16 h, mais à 14 h le responsable vous indique qu’il n’y a plus de travail et vous demande de rentrer chez vous.
Dans cette situation, vous n’avez pas choisi de vous absenter. Vous étiez présent et disponible pour travailler. Les heures supprimées parce que l’entreprise n’a plus de travail ne doivent donc pas être assimilées automatiquement à une absence personnelle.
Cela ne signifie pas pour autant que toute mission mentionnant 35 h garantit toujours exactement 35 h de salaire, quelles que soient les circonstances. Il faut regarder la cause des heures manquantes et les règles d’organisation du temps de travail applicables à la mission.
Dans quels cas travailler moins de 35h peut-il être normal ?
Cette vidéo apporte un éclairage intéressant sur le fonctionnement des 35 heures en France et les débats autour de l’organisation du temps de travail. Elle permet de mieux comprendre pourquoi une semaine à temps complet ne correspond pas toujours à cinq journées identiques de 7 heures.

Une durée de travail de 35 h ne signifie pas forcément 7 h chaque jour. La durée légale d’un temps complet est de 35 h par semaine, mais certaines entreprises fonctionnent avec un aménagement du temps de travail permettant des semaines plus courtes et d’autres plus longues.
Avant de conclure à une erreur de paie, je distingue donc plusieurs situations :
- l’entreprise vous renvoie chez vous faute d’activité ;
- vous demandez vous-même à partir plus tôt ;
- vous êtes absent ou arrivez en retard ;
- une pause non rémunérée est exclue du temps de travail ;
- un aménagement du temps de travail prévoit des semaines hautes et basses ;
- le contrat ou le planning ne correspond pas à ce qui avait été annoncé.
Le point essentiel est simple : la raison des heures manquantes change complètement l’analyse.
Si vous choisissez de partir plus tôt ou êtes absent, les heures peuvent logiquement ne pas être rémunérées. Si l’entreprise supprime elle-même du travail alors que vous êtes disponible, la situation est différente.
Il faut également distinguer ce problème de la période de souplesse en intérim. Celle-ci permet, sous certaines conditions, d’avancer ou de reporter la date de fin de la mission.
Elle concerne donc principalement le terme du contrat, pas une autorisation générale permettant de supprimer plusieurs heures chaque semaine sans conséquence.
Il faut aussi différencier une réduction du nombre d’heures d’un simple changement de planning. Je détaille cette seconde situation dans Mon patron change mes horaires du jour au lendemain : que puis-je faire ?.
💡 Conseil de pro : si l’on vous renvoie plus tôt, envoyez le jour même un message à l’agence avec l’horaire prévu, votre heure réelle de départ et le fait que celui-ci a été demandé par l’entreprise. Vous conservez ainsi une trace datée.
Comment vérifier si des heures manquent réellement sur votre salaire ?
Avant de réclamer un paiement, je compare les documents disponibles. L’objectif n’est pas seulement de voir si 35 h apparaissent sur le bulletin, mais de comprendre où se situe exactement l’écart entre les heures prévues, réalisées et payées.
| Document | Ce qu’il faut vérifier |
| Contrat de mission | Horaire, taux, dates et conditions de rémunération |
| Planning | Heures initialement programmées |
| Relevé d’heures | Heures réellement enregistrées |
| Bulletin de salaire | Nombre d’heures et taux réellement payés |
Prenons un exemple. Le contrat prévoit 35 h, vous en effectuez 30 et les 5 heures restantes disparaissent parce que le responsable vous a demandé de rentrer chez vous faute de travail.
Dans ce cas, je demande directement à l’agence comment ces cinq heures ont été traitées. Une simple réponse du type « vous ne les avez pas travaillées » ne suffit pas forcément si vous étiez présent et disponible.
Il faut également vérifier les indemnités versées en fin de mission. L’indemnité de fin de mission représente en principe au moins 10 % de la rémunération totale brute, sauf exceptions prévues par la réglementation.
L’indemnité compensatrice de congés payés est elle aussi calculée à partir de la rémunération. Une erreur sur les heures de base peut donc avoir des conséquences sur plusieurs éléments du dernier bulletin de salaire.
Si le problème vient d’une durée ou d’un horaire incorrect inscrit dès le départ dans le document signé, je conseille également de consulter Erreur sur contrat de travail signé : que faire concrètement ?.
Que faire si l’agence d’intérim refuse de payer les heures manquantes ?
L’agence d’intérim reste l’interlocuteur principal pour la rémunération, même lorsque c’est l’entreprise utilisatrice qui a décidé de raccourcir les journées.
Je procède généralement dans cet ordre :
- Conserver le contrat, les avenants, plannings, pointages, SMS et mails.
- Comparer les heures prévues, réellement effectuées et payées.
- Demander par écrit pourquoi certaines heures n’apparaissent pas sur la paie.
- Réclamer une régularisation chiffrée si l’écart n’est pas justifié.
- En l’absence de solution, se renseigner auprès de l’Inspection du travail ou envisager le conseil de prud’hommes.
Je privilégie toujours un échange écrit. Un mail permet de préciser les dates concernées, le nombre d’heures manquantes et les circonstances exactes.
Il ne faut pas non plus attendre indéfiniment. L’action en paiement du salaire se prescrit en principe par trois ans, dans les conditions prévues par le Code du travail.
Pendant la mission, je déconseille de signer sans vérifier un relevé d’heures manifestement faux, de modifier soi-même son planning ou de cesser de se présenter au travail sans instruction.
Le point central reste la disponibilité du salarié. Si vous étiez prêt à effectuer les heures prévues mais que l’entreprise n’a pas fourni le travail, la situation n’est pas comparable à une absence décidée par vous-même.
Si mon contrat d’intérim prévoit 35 h et que l’entreprise me renvoie régulièrement plus tôt simplement parce qu’elle manque de travail, je ne considère donc pas que ces heures puissent disparaître automatiquement de ma paie.
Je commence par vérifier le contrat, le planning et les éventuelles règles d’aménagement du temps de travail. Si j’étais disponible mais que le travail ne m’a pas été fourni, je demande à l’agence de justifier puis, si nécessaire, de régulariser les heures manquantes.

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